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Les 5 revendications transmises aux groupes politiques de l’Assemblée Nationale
Ecrit par COBOP le 9 juin 2008 – 19:23Le dossier qui suit a été composé par :
-la Fédération des pays asiatiques pour les Droits de l’Homme (FPADH : Communautés birmane, cambodgienne, laotienne, taïwanaise, tibétaine, vietnamienne),
-la Coalition d’investigation sur la persécution du Falun Gong (CIPFG),
-le Parti démocrate chinois en France (PDC)
-et le Collectif pour le boycott des Jeux olympiques de Pékin (COBOP).
et il a été envoyé aux groupes politiques représentés à l’Assemblée Nationale.
“Mesdames, Messieurs,
Notre objectif commun est d’alerter la représentation nationale sur les graves violations des Droits de l’Homme en Chine et plus généralement en Asie du fait de la politique impérialiste et répressive de l’actuel gouvernement chinois. Un document comportant les revendications spécifiques des différentes communautés asiatiques et des collectifs pour la défense des Droits de l’Homme est transmis en ce sens aux divers groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale.
Les prochains Jeux olympiques de Pékin, supposés célébrer la « grande fête de la fraternité et de l’amitié entre les peuples », ne doivent pas faire oublier aux démocrates la politique criminelle, attentatoire aux droits et libertés les plus élémentaires, du régime totalitaire chinois. Ils ne doivent pas devenir le masque de toutes les exactions commises par le Parti unique de Monsieur Hu Jintao.
Récapitulons-les :
— La répression sanglante au Tibet : Une « guerre populaire à la vie à la mort » a été déclarée le 18 mars 2008 par l’Armée chinoise contre le peuple tibétain. La répression sanglante à l’encontre des prétendus « émeutiers sécessionnistes » a fait 203 victimes tibétaines, 5715 personnes sont emprisonnées et un millier de personnes ont été enlevées par l’Armée populaire de libération. Cette répression n’a donné lieu à aucune enquête internationale que demande pourtant la communauté tibétaine. Elle se poursuit dans l’ombre sans que les journalistes étrangers aient la possibilité de témoigner objectivement de la réalité à Lhassa et dans d’autres provinces du Tibet contrôlées par l’Armée chinoise.
— L’emprisonnement des dissidents politiques : La chasse aux représentants les plus éminents de la défense des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales en Chine a fait de nouvelles victimes. Hu Jia, Yang Chunlin, Gao Zhisheng, son ami Chen Guangcheng, Chen Xiamning, etc., tous ont été récemment condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue de procès fantoches. Leurs protestations contre la tenue des Jeux olympiques dans leur propre pays où les Droits de l’Homme sont systématiquement violés leur vaut d’être considérés comme des « ennemis de l’État ».
— La mise au pas des citoyens chinois : L’interdiction de toute expression politique en dehors du PCC et des médias à ses ordres s’appuie sur un réseau de plus en plus sophistiqué de techno-surveillances des allures, comportements, propos échangés, pensées diffusées, etc. La censure fonctionne à plein régime sur Internet (programme « bouclier d’or »), la police, aidée de vidéos-surveillance, peut tout voir et tout contrôler dans les lieux publics, la délation des citoyens « hérétiques » est encouragée par l’État.
— La peine de mort : L’application régulière de la peine de mort fait de la Chine la championne du monde des exécutions capitales. Bien loin de favoriser l’ouverture d’un moratoire sur la peine de mort en Chine, les Jeux de Pékin ont au contraire permis aux autorités d’enterrer le dossier et de continuer à fusiller publiquement en toute impunité.
— Le trafic d’organes : Le trafic des organes des condamnés à mort mais aussi des membres du Falun Gong raflés durant les années 1990-2000 est une pratique cautionnée par le PCC. Très lucrative, elle suscite la mise en place de réseaux de corruption maffieux qui ont de graves incidences sur la gestion de la santé publique. La CIPFG fait état de 3 156 pratiquants de Falun Gong persécutés à mort par le Parti communiste chinois ; plus d’un million de pratiquants de Falun Gong ont été ou sont emprisonnés. De très nombreux membres du Falun Gong sont torturés et mis à mort tandis que leurs organes sont utilisés et vendus pour le trafic d’organes.
— Les camps : Les camps de rééducation par le travail(laogai et laojiao) fournissent une main d’œuvre taillable et corvéable à merci au « plus grand atelier du monde ». L’eldorado des entrepreneurs occidentaux est fondé sur un système de bagnes-usines où triment les populations les plus pauvres, les dissidents politiques, les petits délinquants, les « rebus » du système.
— L’exploitation des travailleurs : La très grande majorité des travailleurs est honteusement exploitée, ne touche que des salaires de misère, est dépourvue de tout droit et n’a aucune possibilité de résister syndicalement. La fabrication des gadgets olympiques qui seront vendus comme des fétiches aux touristes a favorisé l’accroissement de pratiques abusives, allant du travail forcé des enfants à des violences en tous genres (viols, tortures, menaces, etc.).
— L’accroissement des inégalités sociales : L’organisation pharaonique des Jeux olympiques sur laquelle s’appuie le Parti unique pour légitimer sa puissance totalitaire est une nouvelle occasion de creuser les inégalités sociales, déjà très accentuées, et d’enrichir les affairistes à la botte du Parti communiste chinois, lui aussi corrompu jusqu’à l’os. Pour construire une ville aux dimensions olympiques et aux normes du CIO, de nombreuses provinces chinoises ont en effet subi les méthodes expéditives et punitives d’expropriation des terres, de destruction des logements, d’exode des populations, d’exploitation de travailleurs migrants (mingong). Une misère profonde s’est abattue sur les paysans et sur les familles des quartiers pauvres (hutongs) de Pékin, reléguées dans les faubourgs insalubres et subissant de plein fouet la répression policière.
— L’impérialisme : La politique impérialiste de la Chine à l’égard de ses voisins proches en Asie du sud-est et vis-à-vis des régions autonomes du Xinjiang, du Tibet et de Mongolie intérieure prend un tournant répressif inquiétant. La mobilisation nationaliste et xénophobe des masses chinoises propulsée, encadrée et encouragée par le régime de Pékin, repose sur la volonté de puissance impérialiste du PCC. La base logistique des guerres à venir repose sur une militarisation croissante du budget de l’État (+ 17,6 % en 2007 et 2008). Personne ne peut oublier que la Chine populaire a pointé plusieurs centaines de missiles sur Taïwan qui refuse d’être normalisée et entend maintenir son autonomie.
— L’assistance aux dictatures : Le régime de Pékin prête main forte aux milices islamistes criminelles du régime pré-génocidaire de Khartoum, ainsi qu’au régime dictatorial de Mugabe au Zimbabwe et à la junte militaire birmane. Elle soutient également le programme nucléaire de l’Iran et s’allie avec Messieurs Poutine et Medvedev pour exploiter les richesses naturelles d’immenses zones géostratégiques. Elle fournit des armes, des plates formes militaires clés en main à de nombreuses dictatures du globe ; elle bloque régulièrement les négociations de l’ONU pour aider les populations sinistrées au Darfour ou en Birmanie ; elle pactise avec les pires régimes du continent africain pour développer une forme commerciale de néo-colonialisme qui réduit à l’esclavage les populations locales.
— Le commerce maffieux : Les pratiques commerciales maffieuses (corruptions, pots de vin, détournements de fonds, etc.) se sont accentuées depuis que Pékin a eu la responsabilité d’organiser les Jeux olympiques. Les marchés ouverts par la compétition sportive profitent à de nouveaux riches dont l’absence de scrupules et d’éthique politique favorise la stabilisation du régime communiste totalitaire.
— Le désastre écologique : Pour le confort des athlètes et la mise en valeur du village olympique, le régime de Pékin a détourné des fleuves, asséché des rivières, rasé des forêts, bétonné la ville. La purification de la zone olympique est supposée repousser la pollution atmosphérique et aquatique aux périphéries de Pékin et dans les provinces voisines où des villages entiers vivent sous la menace de catastrophes écologiques majeures. Le récent séisme qui a frappé le Sichuan prouve à quel point les populations les plus pauvres sont les premières victimes de « catastrophes naturelles » dont la force d’impact est directement liée à l’irresponsabilité des gouvernants en matière de politique écologique.
— Les « viviers sportifs » : Le système des « usines à champions » est parfaitement rodé et emprunte à la production industrielle des animaux de boucherie la plus grande partie de ses méthodes : eugénisme positif pour améliorer la « race » ; détection précoce et orientation dans des filières spécialisées en fonction des potentiels physiques ou psychiques (« profils ») ; dressage draconien pour éliminer les sujets les plus faibles ; violences et abus de pouvoir en tous genres ; endoctrinement idéologique dès la plus tendre enfance ; manipulations biologiques, dopage et engraissement musculaire systématique ; entraînements démentiels, à la limite de la torture.
Compte tenu de la position inflexible du gouvernement chinois qui non seulement ne respecte pas ses engagements antérieurs pris à l’égard du CIO mais qui utilise de surcroît la proximité de l’événement olympique pour accentuer l’emprise policière et la mobilisation nationaliste agressive ; compte tenu aussi de l’utilisation des Jeux olympiques comme moyen de propagande et de légitimation du Parti communiste chinois, nous invitons les groupes politiques français siégeant à l’Assemblée nationale à demander au gouvernement français et au président Nicolas Sarkozy de mettre en accord leur politique avec la défense effective des Droits de l’Homme :
— exiger comme condition de participation des athlètes la libération des prisonniers politiques qui ont eu le courage de dénoncer la répression des droits fondamentaux (voir liste jointe) ;
— boycotter les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques ;
— inciter l’Union européenne à adopter une position commune de boycott (« politique de chaises vides concertée » durant les manifestations d’auto-célébration d’un régime liberticide) ;
— inciter le mouvement sportif français (CNOSF, Fédérations, athlètes) à agir conformément aux principes démocratiques qui guident la République française et à user librement de leurs droits d’expression, de circulation et de protestation, y compris par le port de badges, d’insignes ou de drapeaux ;
— inviter les journalistes attachés à la liberté d’expression des médias à refuser les restrictions, pressions et censures exercées aussi bien par la police chinoise que par le BOCOG et le CIO au nom d’un prétendu « apolitisme » de l’olympisme.
Nous invitons également la Représentation Nationale Française à ne plus cautionner, au nom du « partenariat commercial fructueux » avec la Chine, les violations massives des Droits de l’Homme en Chine et dans les dictatures asiatiques sous influence du Parti communiste chinois.
À quelques semaines des Jeux olympiques de Pékin, il est nécessaire que les démocraties européennes refusent de cautionner, par leur silence et leur inaction, une forfaiture olympique qui présente bien des similitudes avec les Jeux de la croix gammée de Berlin 1936 et les Jeux du goulag de Moscou 1980.
Nous espérons vivement que ces revendications seront entendues et défendues par vos groupes politiques respectifs.
La FPADH
La CIPFG
Le PDC
Le COBOP
Tags: CIPFG, cobop, FPADH, PDC
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